Les ceintures de comportement – Pédagogie institutionelle – Préambule

on 26 mai 2014

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« Et si, en tant qu’instituteur, je peux, en plus des apprentissages, faire devenir des enfants citoyens, responsables, actifs, critiques et solidaires alors le métier prend beaucoup de sens pour moi. »

Cette phrase extraite de ma première lettre de motivation a sans doute trouvé une réponse pertinente à mes yeux.

Cette année m’a permis de rencontrer la pédagogie institutionnelle et ses outils.

Jeune enseignant au sein de l’école, j’ai pu constater l’efficacité des institutions qu’elle propose pour mettre l’enfant au coeur de son évolution au travers des différents conseils existants.

Une observation antérieure avait été portée sur les ceintures (de comportement et pédagogiques) qui permettent de faire évoluer chaque enfant à son rythme.

Cette année, après la visite de l’école de la Neuville un début de réflexion a été entamé sur l’outil.

J’ai rapidement fait un lien entre scoutisme et ceintures de comportement.

Pour moi, « Les ceintures de comportement c’est un peu une collection de badges scouts. Elles font progresser l’enfant tout en lui apportant la légitimité des connaissances fraichement acquises en lui proposant de jouir de droits (au service de l’autre et de lui-même) liés à ces compétences. »

I. Préambule

Par mes lectures et observations, je vais tenter d’apporter un développement personnel, le plus complet possible, permettant l’intégration des ceintures de comportement au sein d’une école primaire.

Les ceintures de comportement ? 

Le terme comportement fausse, je trouve, quelques peu, le principe fondamental de cet outil de progression de l’enfant.  Je préfèrerai donc, par la suite, l’appeler ceintures d’autonomie. Ce qui à mon sens reflète au mieux le concept.

De la rose à la noire ces ceintures matérialisent la position provisoire de chacun par rapport aux exigences de la vie au sein du groupe. A chaque couleur correspondent compétences, droits et devoirs, en fonction des possibilités de chacun. 
Exemple : un élève « ceinture jaune » doit savoir respecter quelques règles de vie définies au Conseil, peut se déplacer dans la classe sans l’autorisation du maître et peut présider le Conseil à l’essai. 
Ces ceintures sont délivrées au Conseil. Une ceinture de comportement, une couleur de compétence, sont acquises définitivement. Si pour une raison quelconque, maladie, dépression, on ne peut plus l’exercer, en être digne, on peut être mis au repos. (J. Pain)

La ceinture n’est donc pas un outil pour sanctionner mais bien pour faire progresser l’enfant, pour l’amener à un certain niveau de responsabilité/ d’autonomie.

« Personne n’aurait l’idée de réagir d’une façon identique à la demande (ou à l’agression) d’un bébé, d’un gamin, d’un adulte ou d’un malade. D’un « grand », on attend plus que d’un « petit » (des guillemets car la « grandeur » n’est pas liée à l’âge. Chaque enfant évolue à son rythme). Chacun le sait, chacun le fait…et si ce n’est pas dit chacun risque de heurter le sentiment enfantin d’une justice très égalitaire. « C’est pas juste, il a le droit et pas moi. Pourquoi ? ». Les ceintures apportent la réponse à cette question. » (Ph. Meirieu)

Etant attentif à cette notion, il est important de définir ce que nous entendons par droit et devoir.

II. Les droits et les devoirs

Qu’est-ce qu’un droit, qu’est-ce qu’un devoir ?

Définition :

Droit : faculté, légalement ou réglementairement reconnue à quelqu’un par une autorité publique, d’agir de telle ou telle façon, de jouir de tel ou tel avantage.

Devoir : Être tenu, obligé, de faire quelque chose pour quelqu’un (ou une institution).

(source : le Larousse)

La progression permet la responsabilisation (plus on grandit, plus les droits et les devoirs croissent). Par contre, dans cette progression, les comportements infantiles sont de moins en moins tolérés.

Dans la réflexion de l’intégration des ceintures au sein d’un établissement scolaire, au delà des devoirs établis pour chaque niveau de ceinture, il est important de veiller à accorder une aussi grande importance dans le choix des droits qui seront accordés pour qu’il puissent avoir du sens pour l’enfant et qu’il puissent, comme le propose l’outil, permettre une progression de l’enfant dans sa relation avec l’autre et avec lui-même.

Il faut donc que les droits soient en lien étroits avec les devoirs acquis.

Le droit ici ne doit pas être considéré comme un privilège que nous accordons à l’enfant lorsque celui-ci respecte certaines règles.

Le passage de la ceinture n’apporte pas une récompense mais une augmentation de la responsabilité/autonomie au service de la collectivité, ici l’école.

Il est important, je pense, de ne pas tomber dans des travers qui apporteront des récompenses, comme nous pouvons en découvrir sur certains sites internet qui tentent d’expliquer cet outil de la pédagogie institutionnelle.

Exemple caricaturé : j’ai le droit de rester en classe pour faire un coloriage.

Note : Il est sans doute plus intéressant d’effectuer le travail à contre-sens en définissant, dans un premier temps, quels sont les droits, au sein de l’école, que nous souhaitons voir acquérir par les enfants pour qu’il y ait une réelle évolution de leur responsabilité et de leur autonomie. C’est en partant de ces derniers qu’il est possible de trouver les devoirs qui sont en lien avec les responsabilités à atteindre.